Fiörgyn: Réflexions et légèretés

Car je ne suis ni tout à fait sérieux, ni tout à fait léger, ce blog est à mon image: avant tout un lieu de détente. Fiörgyn se dit [Fieurgoune], c'est d'origine Scandinave.

jeudi 5 novembre 2009

longévité d'un blog

Mine de rien, ça fait plus de 5 ans que j'ai un blog.
D'après Je rêve, la durée moyen d'un blog est de deux ans.
je veux bien le croire.
ça aurait donné août 2006 pour la fin de mon blog.
A la limite c'aurait été logique.
Car pourquoi crée-t-on un blog finalement ?
A l'origine, il y a une envie de raconter quelque chose, une volonté de s'exprimer.. Je parle evidemment des blogs perso, pas des blogs semi-pro de consultants et autres..
On peut en dégager 3 profils:
profil 1: la fracture à l'origine
C'est donc souvent un choc émotionnel, une situation difficile qui fait créer un blog: rupture affective, problème.. Il s'agit dans ce cas d'une option "journal intime": on raconte tout, pas de tabou, caché par le côté anonyme.
lecteurs: On cherche des "amis", des gens qui ont partagé la même expérience, on veut un peu un soutien.
profil 2: partager le bonheur
L'autre raison, c'est au contraire de vouloir partager une aventure, un bonheur, que sais-je: voyage, grossesse.
Il est assumé, partagé, diffusé aux connaissances, il sert un peu de site perso pour diffusion rapide.
lecteurs: familles, amis, collègues
Profil 3: le thématique
La but est de partager un quotidien, ou un thème précis. On raconte des anecdotes
lecteurs: un peu tout le monde

Certains blogs, la plupart finalement, sont un peu un mélange de ces styles, qui ne correspondent qu'imparfaitement à chacun de mes lecteurs :)
Moi-même, j'ai commencé par le profil 1 (3 mois), j'ai très vite évolué en profil 3 (stagiaire - 1 an), voire en profil 2 (vie à Berlin - 6 mois) pour finalement devenir un peu un foutoir, principalement profil 3 (boulot - 3 ans).

Le souci vient du fait que la raison de création du blog ne dépasse pas les 2 ans généralement. Si en plus on ajoute qu'il y a eu un pic (2005), que la plupart des gens ont quitté en 2006 (Enelice, pipo, Miss Tia, PEM, Exuperance, Charlylie, pas-drole, Atreza,  Chro, Mcomme, Mimirubis, DCLXVI, LST, Schleuder et j'en oublie) en grande partie à cause du suicide de 20six..
Et puis.. il y a Facebook.
Un sacré concurrent, qui a un avantage qui est un inconvénient: le non anonymat. Ce n'est pas exactement un blog, mais ça peut s'y substituer parfois..

bref, dur de savoir quelle sera ma longévité, mais l'impression d'être un dinausore parfois ^^
Cela dit, quand je vois goldy, qui revient très actif après 1 ou 2 ans de vide, alors qu'il a commencé en mars 2004, il y a de l'espoir.

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jeudi 29 octobre 2009

La France se repeuple

On dit qu'on est en train de se dépeupler dans les pays "riches".
L'Allemagne risque de disparaitre d'ici 15 génération (ça fait un bout..)

Cela dit, si je regarde autour de moi, c'est pas vraiment ça.

Ces deux dernières semaines, 6 bébés sont nés autour de moi, que ce soit au boulot, au sport, amis.. (+je compte MJC dans le lot)
4 filles pour 2 petit gars.

Ils s'ajoutent aux 4 de cette année et aux 3 qui sont en route et arriveront au premier trimestre 2010..

Ceci m'amène à me dire que:
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mi janvier 2009 (vague de froid, coupure de courant.. ?), mais ça a travaillé dans les chaumières ^^
- J'entre dans la tranche d'âge où ça y est, on se reproduit, je deviens vieux..
- Les nouveaux moyens de communication (internet, faceb**k, etc) amplifient ces phénomènes, et cela donne l'impression qu'on fait tous la même chose au même moment (ex.: en ce moment, il se passe pas 2 semaines sans que je voies des photos d'un mariage d'ex-camarade de promo sur Faceb**k)

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lundi 26 octobre 2009

dessert gras, mais bon

Dernièrement, on s'est retrouvé avec un petit stock de pain-hamburgers à la maison.
Qu'en faire ?

j'ai eu l'idée..

Il suffit de les ouvrir en deux, de les mettre au grille-pain, juste ce qu'il faut pour que l'intérieur ait quelques striures dorées.
Ensuite, il faut se munir d'un pot de Nutella, et de tartiner généreusement le pain encore chaud, de préférence faire deux couches.
Refermer les pains, et déguster ce dessert qui se déguste encore tout chaud

PS: ne me remerciez pas pour les calories, c'est cadeau ^^

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lundi 19 octobre 2009

Retour de baton

Attention, titre subtil*

Je passe de moins en moins ici, mais j'essaye d'entretenir ce petit blog que je remplis quand même depuis maintenant 5 ans..

Il y a parfois des choses étranges.
Je viens de m'apercevoir qu'une ex est fan de hockey. A vrai dire, maintenant, je m'en souviens, vu qu'il y avait un maillot de hockey dédicacés par les joueurs locaux dans sa chambre. Grâce à 123 people, je me suis rendu compte qu'elle se rendait en bus avec d'autres amis pour voir les matchs de son équipe favorite.
Je ne dirais pas que c'est drôle, mais disons qu'à l'époque, je m'intéressais de très loin au hockey sur glace (disons que j'aimais bien jouer au jeu NHL sur console, rien de plus).
Et puis il y a 7 ans, je me suis rendu compte qu'internet permettait de suivre les matchs de NHL, et plutôt bien même. Je suis maintenant un gros fan de hockey.
Comme quoi, c'est marrant finalement. Je ne pense pas que cette personne y sois pour quelque chose en tout cas.
Cela dit, c'est juste une anecdote, rien de plus. N'allez pas y voir autre chose :)

*plutôt que de parler de crosse, les Québécois utilisent plus volontiers le terme "baton"

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mercredi 23 septembre 2009

Poulet épicé aux oignons

Cela fait un bon moment que je n'ai pas publié de recette alors pour changer un peu de sujet, apporter une petite légèreté et de l'insouciance, tout en me rappelant un peu un plat mangé à Berlin grâce à des voisins indiens sympa, voici comment rendre une fade escalope de poulet délicieuse:

Ingrédients (pour 2 personnes) :
- 2 bonnes escalopes de poulet
- 1 oignon
- 2 cuillère à soupe de crème fraîche
- curry, cumin, piment, sel, poivre

Préparation :

Mettre une grande poêle à chauffer.

Couper l'oignon en petits morceaux, et les faire cuire à feu assez fort. Remuer, en ajoutant du curry et du cumin.

Couper les escalopes de poulet en morceaux, les ajouter dans la poêle et remettre des épices; tourner.

Baisser le feu, et ajouter 1 cuillère à soupe de crème.

Après 5 min de cuisson, ajouter une cuillère de crème fraiche et laisser 2 minutes.

C'est prêt.

A servir avec un riz basmati qui coupera idéalement le côté épicé.

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lundi 21 septembre 2009

Réunion au sommet

3 mois que je cherche à changer de job, 2 mois que j'ai trouvé et accepté un nouveau poste, mais toujours pas eu l'accord pour bouger..


Suite aux événements de ces dernières semaines qu’on entend dans les journaux (suicides chez Fr. Télécom notamment..), il y avait aujourd’hui une réunion au sommet avec ma n+2 préférée.

Le but ?

Parler de tout ça, du stress, du changement...

Quelle blague que cette réunion.

Elle nous a donné son avis sur la boite, que ok on a beaucoup évolué ces dernières années, mais on est dans un endroit privilégié, on est jeunes et dynamiques..

Ensuite, elle a fait un certain nombre de remarques qui sotn autant de boulettes :

- pas facile pour un manager en province quand il doit annoncer à ses subordonnés une augmentation de 0% ou de 2%

(nota : cette même n+2 m’a filé 1% d’augmentation)

- On est dans une fonction groupe, donc ce n’est pas facile, on a plein d’interlocuteurs, on a pas l’impression de maitriser nos sujets et on ne sait pas toujours à quoi sert notre boulot

(sans blague, je me suis dit exactement ça et du coup, je cherche à bouger depuis plus de 3 mois)

- l’esprit « maison », convivial, c’est fini

(oui, d’ailleurs, je l’avais déjà annoncé dans une note précédente : l’ambiance ne fait que se détériorer depuis 2 ans et demi)

- Fini les structures pyramidales, ce sont des superpositions d’equipes qui travaillent en parallèle

(et qui du coup ne se parlent pas du tout)

- Les managers se doivent d’être proches de leur équipe, de partager l’info et d’être dispo

(le problème, c’est que ma n+1 n’était plus là quand elle a dit ça, qu’elle n’est jamais là, qu’elle partage aucune info sauf si elle a besoin de nous et qu’elle fait même pas semblant d’être proche de nous)

- je ne vous demande pas de travailler tard le soir, ni le WE ou alors ça doit être un choix volontaire, pas imposé

(dit-elle alors qu’elle m’a déjà reproché 2 fois de pas finir assez tard le soir)

- "mon bureau est toujours ouvert, n'hésitez pas"

(pour ses chouchous, pas de pb, pour les autres, c'est engueulade assurée.. donc vaut mieux l'éviter)

 

Si je rajoute qu’un tiers des gens conviés sont partis en cours de route alors qu’il s’agissait justement de pouvoir partager pour une fois (mais bon, y’avait plein de boulot super urgent à faire) et que ma voisine la XVIe arrondissement n’a pas arrêté de faire de la lèche (« oui, on est plutôt privilégié, jeunes et dynamiques ici »), c’est pas rose.

 

Les suggestions qui ont été proposées :

- un welcome pack pour ceux qui arrivent (genre : présentation des outils, des gens etc, chose qui n’est jamais faite)

- une salle de repos

- une salle de gym

- un séminaire pour renforcer l’équipe

Vous savez où on peut se les mettre ces suggestions ? :)

 

Pour terminer, le meilleur : ma n+2 a fait une remarque sur moi, une seule pendant toute la réunion, et c’était pour reconnaitre mes qualités de… « faiseur de gâteaux » !

1% d’augmentation donc..

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lundi 14 septembre 2009

vive le sport .. aïe

Je viens de reprendre "une activité physique régulière" comme ils nous matraquent ça à la télé.
Depuis 2 ans, je me suis mis au rugby, après avoir pratiqué plein de sports aussi divers qu'athlétisme, badminton, foot, judo ou basket.
Et bien c'est fou comme ça fait du bien de reprendre après quasi 6 mois sans rien faire pour cause d'entorse..
j'avais juste oublié un truc: cette sensation désagréable du lundi matin au réveil, quand le corps rappelle qu'il y a eu un match la veille et que oui, ça fait mal à tel endroit, que oui, le plaquage de la veille sur le coude a laissé des traces, que quand bidule a attrapé mon bras dans le regroupement, il a laissé un bon souvenir..
C'est vraiment le côté chiant de ce sport, car dans la plupart des autres, on sort juste fatigué du terrain, les jambes un peu lourdes, mais on n'a pas de mal à marcher le lendemain ou on a pas des élans de faiblesse dans les articulations.
Pas besoin normalement de prendre des billes d''arnica (on dirait un malade ou un drogué), pas besoin de se mettre du Ketum ou d'avoir du bandage en permanence "au cas ou" ou de se mettre systématiquement de la vaseline sur les pommettes et les arcades ou d'enfiler un bardage complet avant d'oser affronter l'adversaire sur le terrain.
C'est con, car j'aime bien ce sport quand même, on peut vraiment s'y éclater (au sens propre comme au figuré) et l'etat d'esprit y est vraiment sympa.
Je pense que ça sera ma dernière année de toute façon. 3 ans, c'est un bon cycle, et j'ai des sollicitations pour du foot (amis) et du basket (boulot), donc je vais pas pouvoir continuer indéfiniment à me couper en 3 ^^

(avouez, je vous ai donné envie de jouer au rugby.. ou pas)

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jeudi 10 septembre 2009

étude intéressante..

Avant de revenir sur mes impressions sur mon voyage cet été, impressions que je suis en train de "digitaliser", une étude qui m'a fait sourire dans le 20 minutes de ce matin:

Le porno, une affaire de couple

Un sondage Ifop pour Marc Dorcel (première étude sur la question) montre que le le film X se regarde désormais à deux. le visionnage n'est plus une expérience honteuse et solitaire, mais une vraie affaire de couple.
Selon le sondeur, "le X  fait partie désormais des moyens d'activer la libido au sein du couple, en cassant la routine, toutes tranches d'âge et catégories sociales confondues".
57% des personnes indiquent avoir déjà visionné en couple un film X.
Les femmes admettent en voir plus facilement avec leurs partenaires (59%) que toutes seules (50%)
Sept Français sur dix sont dispos pour regarder un film ensemble

Ce qui m'éclate, c'est la méthode:
Enquête réalisée par l'Ifop du 30 juin au 2 juillet auprès d'un échantillon de 1.016 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas, interviews par questionnaire auto-administré en ligne.
Les personnes étaient interrogées dans l'isolement d'un questionnaire en ligne «pour une plus grande sincérité»

et encore plus la réaction du commanditaire et principal intéressé:
«On est dans un phénomène de société. Le porno est désormais inscrit dans le marbre. L'étude nous a étonnés. Le film X n'est plus réservé à un ghetto "célibataires" mais bien à tous. Y compris aux femmes qui sont de plus en plus consommatrices. Cela devient un divertissement inscrit dans le couple», renchérit Grégory Dorcel, DG de la société éponyme.
Il est "étonné" que les résultats lui soient si favorables, ça alors..

Principal problème: «La production de films destinés aux femmes n'est pas suffisante.»
Pour la productrice, Sophie Bramly, confier la réalisation de films X à des femmes a permis de combler un manque: «Soit on a des pornos faits par des hommes dans lesquels la femme ne se reconnaît pas, soit on a des films érotiques qui sont récupérés par l’imagerie publicitaire.»

Bon, bref, si vous n'avez jamais vu de pornos en couple, vous êtes définitivement has been.
Au fait, vous regardez quoi ce soir ?

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mercredi 2 septembre 2009

de retour

De retour d'un pays vraiment dépaysant: l'Arménie..
Un pays tout en contraste, entre éléments nous donnant presque l'impression d'être dans une ville européenne moderne et une campagne qui a su garder son authenticité d'il y a 30-40 ans..
Un pays aux paysages si divers pour une surface qui correspond à la Belgique..

Envie de raconter plein de choses, mais en ce jour de rentrée, dur de tout résumer en qq mots (je le sais, un lecteur de blog n'aime pas quand c'est trop long à lire).
En tout cas, le RER et le métro ne m'ont pas manqué..

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mercredi 12 août 2009

Dissension interne

J’avoue avoir ces derniers temps un certain mal à me situer.
En fait, non, ça fait déjà un bon moment.
Cela a commencé de manière très légère au lycée d’une ville huppée (je n’avais jamais entendu parler de classe préparatoire avant, contrairement à quasi tous mes camarades), puis en prépa, quoique, j’étais trop pris par mon objectif scolaire pour y réfléchir vraiment.
En fait, cela a commencé en école de commerce, même si l’insouciance des années étudiantes associée au fait que les gens que j’y ai fréquenté étaient en majorité des gens qui me correspondaient ont un peu atténué cette impression.
Par contre, depuis mon entrée dans la vie active, je suis devenu un écartelé.

 J’avais déjà envie d’écrire sur ce sujet lorsque je suis devenu consultant. A l’époque, cela m’avait fait drôle de négocier un salaire qui était quasi équivalent à celui de mon père (qui avait 30 ans de carrière). Ce n’est que grâce à un ami que j’ai osé le faire, car j’avais demandé moins au début.
Cela m’avait fait drôle aussi de faire un métier que j’étais incapable d’expliquer à mes grand-parents, mes parents ne comprenant qu’en gros ce que je faisais.
Je travaillais rue Royale à Paris, en plein quartier chic. Je m’habillais en costume-cravatte tous les jours et je mangeais au restaurant tous les midis, je faisais des horaires bien loin des 35h (même s’ils étaient « honnêtes » pour la profession), ce qui me permettait tout juste d’attraper le dernier bus pour rentrer chez moi le soir.
Cela aurait passé encore, mais la morale toute relative de la société où je bossais m’a beaucoup gêné : elle facturait mes prestations à un prix exhorbitant (1000-1500€ la journée, ce qui reste « tout à fait correct » pour la profession) et je devais mentir sur mon CV pour décrocher ces missions auprès des clients. Si je rajoute que celles-ci étaient peu intéressantes, vous comprendrez que je ne m’y voyais pas y travailler longtemps. Pourtant, c’est un peu le graal de tout jeune étudiant sorti fraichement de l’école.

 J’ai alors compris l’écart avec les gens de ma promo qui n’avaient majoritairement aucun de ces problèmes, que soit en terme de scrupules, d’aspiration et d’habitus ! Pour eux, rien de plus normal que de participer à ce système sans s’interroger. A 25-26 ans, les voilà déjà plein d’assurance et de morgue.

 Je pensais que cela changerait avec ma nouvelle boite, issue en partie du secteur public. Je croyais y trouver des gens plus normaux, en tout cas, plus en phase avec mon mode de pensée. Que nenni.
Avec le recul, je me rends compte que 90% de mes collègues ont le même « profil » que moi : classe préparatoire - école de commerce.
Sauf que..
On ne peut pas vraiment discuter. Ou plutôt je m’abstiens souvent, préférant observer.
Parlons boulot par exemple : ils cherchent tous à monter, monter, monter, ou à avoir des discours du style « moi, je vais pas rester ici éternellement » alors qu’ils viennent d’arriver, à critiquer les syndicats dès qu’ils nous filent un papier, à critiquer les fonctionnaires, les gens qui se suicident (« tu sais, rapporté à l’effectif total, c’est pas grand-chose ») etc etc. On en arrive à des cas comme ma voisine, qui affiche le nouvel organigramme du « top management board » dès qu’il est remanié, ou qui met comme fond d’écran la station de ski préférée de n+2 pour s’y identifier..
Moi, je ne me sens pas aujourd’hui capable de manager une équipe. Quand je vois que ma n+1 est incapable de faire autre chose que de déléguer ou qui avoue « n’avoir pas le temps pour manager son équipe », cela me montre bien qu’être à ce poste ne signifie pas être fait pour. Cela ne veut pas dire que je ne veux pas monter, mais ce n’est pas mon objectif absolu, tout du moins aujourd’hui. Je cherche plutôt à apprendre, à monter en compétence dans un premier temps.
Parlons maintenant vacances avec les collègues : « oui, moi, je vais en WE en Tunisie, en Turquie, à Venise, à Barcelone, à Prague, et cet été, ça sera Malaisie, Japon, Tanzanie, Australie ».
Ça commence à faire cher le WE.. On se demande si c’est pour y aller ou pour pouvoir frimer. La perspective d’un WE à la campagne à aller voir la famille ou faire un WE calme douceur et volupté ne leur semble d’aucun intérêt si le cadre n’est pas accessible au minimum en 3h de TGV ou en avion. Ça me fait encore plus marrer quand ils vont dans ces contrées et qu’il ne savent rien des cultures qu’ils rencontrent (ce qui, pour des gens « cultivés » est un comble je trouve, enfin…).
Je passe les discussions sur le shopping (« je vais chez Dior, les Galeries, rue Royale, Lalique, sinon rien »), l’immobilier (« moi, je trouve que Bastille n’est pas assez central alors j’ai déménagé », « on vit à 2 dans un 70 m² dans le 15e, et on y étouffe tellement c’est petit ») ou les habitudes (« je ne lave pas mes vêtements à la machine, j’emmene tout au pressing », « On vit à deux certes, mais on a une femme de ménage, sinon, on a le temps de rien faire »)

Ce ne sont que de petits exemples symptomatiques du fait que je suis quand même en complet décalage avec eux.
Pourtant, nous avons plus ou moins le même salaire et le même parcours, mais une chose change fondamentalement : l’habitus.
J’ai le même bagage intellectuel qu’eux, et même parfois un bagage culturel plus important (je ne lis certes pas mes livres « in english » pour me la raconter, mais je m’intéresse à une foule de chose, je lis énormément, je découvre d’autres cultures et je me documente autrement que par la pensée unique et européo-centrée véhiculée par nos journaux occidentaux), sauf que..
Je n’ai pas été éduqué de la même manière.
J’ai été éduqué dans un cadre plus simple, par deux parents fonctionnaires. J’ai passé quasi toutes mes vacances d’enfant chez mes grand-parents agriculteurs ou fonctionnaire/couturière. Ils m’ont transmis une foule de chose, mais pas cette volonté de devenir cet animal parisien qui ne vit qu’en référence à un microcosme, au statut de cadre et à la vision du couple un peu particulière (= 2 personnes qui se détestent pas trop, avec une femme qui pondra des gosses mais les délèguera à une nounou à plein temps et un mari toujours au boulot).
Je pense que j’aurai été très heureux à faire un métier simple, manuel, même si c’est très difficile de finir les mois, de se battre contre ces petits chefs qui abusent de leurs pouvoirs (j’en ai connu). Oui, j’ai un fond « syndicaliste » même si j’ai jamais choisi un candidat se revendiquant de ce bord. Je l’ai vu en ayant été pompiste, hôte de caisse ou ouvrier agricole dans un silo. Le job était dur, le salaire maigre (il finançait mes sorties étudiantes), mais j’aimais bien. J’aimais retrouver des gens qui me semblaient plus accessibles, de qui je ne me méfiais pas. J’avais d’ailleurs une profonde empathie pour ces caissières qui font ce métier depuis 25 ans et qui en ont encore pour 15 ans.

Ma réussite dans les études m’a « obligé » à intégrer ce milieu, où je ne me sens pas à l’aise. Il m’arrive de m’interroger sur le bien-fondé de certaines choses dans mon boulot, dans nos habitudes, dans notre conceptions des choses (ex : pour moi, un vendeur, qui ramène le chiffre d’affaire, devrait être aussi bien payé qu’un marketeur fumeux qui travaille au groupe et qui n’a pas la pression du resultat).
Contrairement à mes collègues ou à leur discours, je ne m’imagine pas partir à l’étranger, même si parfois ça me tente.
Je ne m’imagine pas devenir ce que sont mes n+2 ou n+3 (des pantins qui font semblant de tout maitriser mais qui au final ne connaissent rien des sujets, passant leur temps à exploiter leurs sous-fiffres).
J’ai parfois peur de ce que j’observe par ailleurs: passé 40 ans, il n’y a plus personne autour de moi dans ma boite. Où sont donc passés ces personnes au nom du jeunisme ? Il reste pourtant 25 ans minimum à travailler.. J’ai l’impression d’être le seul à avoir ce type d’interrogation.

 Cependant, je ne peux revenir en arrière, car finalement, j’ai aussi pris l’habitude d’évoluer dans ce milieu, il y a certains bon côté et revenir en arrière signifierait forcément descendre socialement aux yeux des gens qui m’entourent. La situation actuelle de crise n’aide pas non plus à devenir téméraire. Et puis n’aurai-je pas une nostalgie de ma position précédente, de cet argent gagné à ne pas trimer pour un boulot physique ou en relation directe avec le client final (prof, vendeur, caissiere, plombier, gérant de magasin..), la sécurité d’un salaire qui tombe chaque mois ?

 Je suis donc partagé..
Partagé entre mes opinions parfois réactionnaires et ma compréhension de la logique sociale.. Par exemple de la nécessité des syndicats (même si leur mode de fonctionnement actuel et la récupération qui en est faite m’énervent)
Partagé par la valorisation de ma situation sociale (au sein de ma famille, je suis vu comme « l’intello », celui qui fait du marketing, qui est cadre et qui gagne bien sa vie) et le fait que je m’y sente peu à l’aise socialement (vision des choses différente + je n’ai pas un salaire aussi haut qu’on veut bien me le prêter)
Partagé par le fait qu’au final, j’ai l’impression que mon poste pourrait être supprimé sans que ma boite en souffre, d’être sur-payé pour ce que je fais en comparaison de certains métiers durs et le sentiment que c’est bien normal d’être payé aussi bien pour ce que je fais, de par mes études réussies, de leur coût à rembourser etc..
Partagé par mes aspirations (je veux du temps pour moi, pour elle, pour mes amis, voir grandir mes enfants si j’en ai) et la voie que j’ai choisi (« plus d’argent contre moins de temps »)
Partagé entre un monde professionnel qui reflète mon « nouveau » milieu et une famille et une copine qui représente mon milieu d’origine.
Partagé entre mes visions (être passionné par mon boulot) et la réalité (je fais ce qu’on me demande, point)
Partagé entre mon ancrage à Paris (ami, famille, boulot, transports, magasins) et l’envie d’ailleurs (quitter le stress parisien, sa sur-cote immobilière qui te fait vivre dans un 40 m² pour 300 000€, sa pollution, touver une vraie qualité de vie)

 Je suis donc le cas typique de cette personne qui est en pleine ascension sociale, avec l’habitus de mes parents mêlé à mon apprentissage d’un nouveau milieu où je suis présent malgré moi.
Mes enfants seront sûrement plus à l’aise pour y évoluer, mais je ne sais pas si je leur souhaite. Car s’ils réussissent, ils vont devenir comme ça. Est-on vraiment heureux d’avoir vu ses enfants réussir leurs études, obtenir un bon poste et migrer à l’autre bout du monde pour leur job ?
Je n’en sais rien, c’est encore trop tôt.

Heureusement, j’ai une copine et des amis qui correspondent globalement à mon habitus. C’est arrivé « comme ça », mais finalement, c’est tout sauf un hasard.




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