Il est facile, en regardant en arrière, de brosser les grandes lignes de ce qu'on a fait (choix professionnels, personnels..) et tout semble avoir une certaine logique.
Pourtant, la vie n'est qu'une succession de choix, tantôt aux conséquences légères, tantôt aux suites structurantes. Le temps fait qu'on oublie les autres possibilités qui ont été mises de côté.
Le lieu de vie est un de ces choix structurants.
On nait forcément quelque part et on est forcément originaire de quelque part. De ces origines et du parcours de ses parents, chacun tire par la suite un sens du "chez soi". Certains voudront absolument retourner à leurs "origines", d'autres voudront au contraire élargir leurs horizons. 
Je suis moi-même très partagé. 
D'un côté, un destin tout tracé à vivre dans un pavillon en banlieue et travailler dans une grande boîte, en marketing. Il y a parfois du stress dû au poste et surtout aux transports, mais il s'agit d'un terrain connu et comportant peu de risques. La famille n'est pas très loin (même si pas toute proche) et le rythme est d'une relative sécurité, tant professionnelle que personnelle. Le seul changement potentiel étant un changement éventuel de poste professionnel. Bref, du rassurant, qui me convient plutôt bien.
Et puis il y a cette envie de connaître autre chose, de changer de cette voie toute tracée, mais sans savoir trop ou aller ni quoi faire.
L'envie de changer est surtout question du cadre de vie: marre du stress parisien, marre des parisiens, marre de ce microcosme pourtant constitué de 12M de personnes, de pas avoir le temps de voir les gens, de ne pas profiter des avantages de Paris tout en subissant ses inconvénients.
Finalement, je me rends compte qu'on profite peu de "l'avantage" d'être à Paris: on va souvent aux même restos, on ne profite des sorties culturelles que pendant les vacances (donc pas à Paris), idem pour ciné et théatre.
Du coup, ça ne contrebalance pas le métro boulot dodo, le prix exhorbitant de la vie (immo..) et l'impression de stagner. Au final, je me demande si je vais pas me réveiller dans 10 ans et faire le même constat.
Ma solution consisterait à changer d'air. 

DthZn

L'expérience de Berlin m'avait montré à quel point l'univers de Paris n'était pas sain, qu'il y avait de nombreux autres endroits plus ouverts et sympathiques, même si tous ne sont pas l'eldorado tant attendu. 
Je ne me vois pas toute ma vie subir la région parisienne pour se payer des WE ou des vacances où l'on cherche absolument à fuir ce mélange d'embouteillages, d'usines et de grand immeubles. Ce fameux paysage que l'on voit en arrivant en train à la capitale ou en voiture en rentrant de vacances.
Oui, le centre de Paris est mignon en tant que touriste mais le francilien n'en profite qu'à la marge. Je passe tous les jours sous notre Dame ou les Champs-Elysées sans les apercevoir et je ne les vois pas plus qu'un touriste finalement.
Je ne cherche pas a idéaliser des villes de provinces, qui ont aussi leurs défauts: bouchons à Nantes, Toulouse ou Marseille, petite taille (Tours, Dijon, Orléans..) ou tout le monde connaît tout le monde, chômage par endroit, ville morte le soir...
Mais en résumant les points forts attendus d'un espace urbain (circulation, sécurité, éducation, maisons, emploi), je suis sûr qu'il existe de biens meilleurs compromis que Paris, avec un niveau de vie bien meilleur (grande conso, immobilier..).
Si je pense que ce saut est possible, il existe de nombreuses questions et obstacles qui feront que cela ne se fera peut-être jamais. 
Premièrement: nos familles proches sont en région parisienne. Certes, ils ne sont pas à proximité immédiate (30 a 45 minutes en voiture) mais relativement proche. 
Mais si l'on résume le nombre de fois que l'on voit ces derniers, habiter à Orléans ne changerait pas grand chose finalement.
Deuxièmement, les amis. Mais au final, on arrive à cet âge ou chacun se replie sur son couple, sa famille, son boulot et où il devient dur de se voir sur une base régulière. On entretient ce qui a été une amitié de tous les jours en se voyant de temps en temps, et cette amitié ne repose plus sur des activités régulières. C'est donc de moins en moins un obstacle finalement et puis qui dit nouvel endroit dit aussi nouvelles connections. 
Troisième souci: si j'ai des racines champenoiso-bourguignonnes d'une part et nantaises d'autre part, aucune des villes de ces régions ne me rapprocherait de ma famille. En résumé: je n'ai pas de point de chute évident. 
Enfin, le principal point d'achoppement est le travail. J'aime mon boulot et je ne pense pas avoir été au bout de ce que j'avais à en faire ici. Partir en région serait un risque de ce point de vue, les perspectives en marketing y étant faibles. Il existe bien des perspectives au niveau de mon employeur mais elles toucheraient au commercial, domaine qui ne m'attire pas du tout. 
Il est évident pour moi qu'une tentative à l'étranger n'est pas envisageable car je serai surement le seul à trouver du travail et ça ne m'intéresse pas de gagner beaucoup plus pour au final devoir supporter les dépenses du foyer tout en ne voyant que peu ma famille. 
Cela dit, de nombreux signaux me montrent qu'il est possible de faire ce saut:
Un ami est parti en Suisse et a l'air de s'y plaire (le fait d'être originaire de Polynésie l'a aussi aidé à faire ce saut, ce dernier déménagement étant déjà le 4ème pour lui)
Mon frère parle d'aller à l'étranger (l'éducation nationale le facilite à partir d'un certain diplôme, et ce départ se ferait pour quelques années, pas plus)
Des coéquipiers du foot du samedi sont partis à Marseille et Toulouse (ils sont originaires de la-bas) et ont l'air de s'y plaire.
Un collègue du boulot quitte un poste en vue au marketing pour s'installer à Rennes (cela dit, ils n'ont aucun des blocages que nous avons: ils sont originaires de Reims et saint Quentin, où vivent leurs parents et sa femme voulait quitter Paris)
Bref, chacun de ces exemples a ou avait déjà un "frein" levé, qui était en soit une motivation.
La mienne semble plus s'apparenter à une fuite pour le moment, il s'agit donc de prendre le temps de la réflexion. Comme je le disais, je n'ai pas le sentiment d'en avoir fini ici. 
L'Express a ressorti son numéro annuel "quitter Paris" et déroule sur des dizaines de page des conseils sur les villes ou s'installer. Un numéro à garder pour plus tard, dans un an ou dans 10 ans, sait-on jamais...